Sur disque, la musique du duo composé du couple Emi Honda (Japonaise) et Jordan McKenzie (Canadien) est assez dense, assez complexe et parfois un peu ardue. Mais sur scène, les deux artistes ont permis à leurs nouveaux fans montréalais de mieux apprécier la mécanique de leur musique. Accompagnés par deux musiciens classiques (l'une au violoncelle et l'autre au tuba et à la contrebasse), Honda et McKenzie ont démontré leur créativité musicale en utilisant toute une panoplie d'instruments percussifs en plus de l'accordéon, la guitare classique, la scie musicale... le tout appuyé par de lentes projections qui (fort probablement) illustraient le travail dans le domaine des arts visuels du couple.

Ces touche-à-tout ne sont peut-être pas de grands musiciens; on le voyait à leur grande difficulté à accorder l'ukulélé et la guitare entre chaque morceau. Ils ont quand même réussi à nous épater avec une maîtrise assez impressionnante des percussions, autant l'un que l'autre.

Le couple est aussi assez charmant. Lui, le timide canadien barbu, semblant trop grand pour son propre corps, chante avec émotion, comme s'il partageait de douloureux secrets à travers sa fragile mais juste voix. Elle, la petite fonceuse japonaise aux longs cheveux noirs, au chant à la fois impérial et aérien, qui respire le panache, l'élégance et la sensibilité à la fois. Une très belle combinaison, autant artistique qu'humaine. Les rythmes complexes, les mélodies ardues combinées aux moments enlevants, les accents médiévaux, occidentaux, folk... le parfait exemple d'un beau mélange d'influences avec en prime l'ajout de la personnalité des musiciens qui vient rendre la musique d'Elfin Saddle unique. Nos photos sont ici : http://www.facebook.com/media/set/?set=a.413027928711559.115941.118101518204203&type=3

Juste avant, le duo folk montréalais Fire/Works a été très bien accueilli. Il faut dire que les Jonathan Peters et David Lagacé ont livré leurs chansons avec beaucoup de générosité : la passion se sent dans chaque mot chanté, qui s'est même mesuré avec succès au grand Thom Yorke en reprenant en version acoustique l'une de ses chansons. L'intensité de Peters se lit sur son visage, grimaçant d'émotion. Un performeur qui pourrait éventuellement atteindre la trempe de Patrick Watson.

Le folk solide et intense de Fire/Works est simple mais terriblement efficace. La foule, malheureusement indisciplinée, n'en a pas profité autant qu'elle aurait dû, mais qu'importe, ces deux gars n'en n'avaient cure. Ils ont mordu dans leurs chansons le cœur sur la main, sans demi-mesure, que les oreilles soient attentives ou non. Ils nous invitent d'ailleurs à télécharger gratuitement leur album sur leur page Bandcamp. Cliquez ici!

(ELFIN SADDLE à la Sala Rossa, dans le cadre du Festival Under the Snow, 15 mars 2012 ) Nicolas Pelletier